le thème

La fabrique de l’ordinaire

                     et du familier

en institution

D’abord, il y a l’ordinaire, ce qui est là, sans avoir besoin de le chercher, là comme une évidence.

L’ordinaire est à l’œuvre chaque jour, de jour en jour, à chaque instant, dans nos espaces, avec nous et plus particulièrement dans notre corps. Ordinaire discret, il reste inaperçu, dans une simplicité, il rend presque toujours, évident chaque pas, chaque geste, mouvement, perception. Comme à l’ordinaire ça se règle, ça nous accorde à l’environnement, aux lieux, aux autres, aux événements et à nous-mêmes. En cela l’ordinaire, est banal mais aussi extra-ordinaire.

Mais nous savons aussi combien cet ordinaire peut se troubler, nous échapper, nous lâcher. Comme nous le rappellent Pascale MOLINIER et Lise GAIGNARD, cela « tient à un fil ». Il y a alors une rupture de l’enchaînement ordinaire de l’expérience, une perte du sens commun. W. BLANKENBURG parlait de « perte de l’évidence naturelle » et il ajoutait que le sujet passe alors de l’ordinaire à « l’inévidence de l’évident ». A. TATOSSIAN nous invite à prendre la mesure d’une telle « catastrophe », le sujet est alors empêché d’être dans une dimension d’accueil de son expérience au monde et à lui-même.

Comment trouver, inventer, imaginer, conceptualiser… fabriquer d’autres rapports partagés au monde ?

Il nous faut sûrement, revenir au familier inséparable du quotidien, de l’ambiance et de la rencontre, « le point de tissage le plus important de l’existence » (J. OURY)

Tenter de retrouver un « pragmatisme de base » et le souci permanent de conceptualisation nous permettant de nous mettre au niveau de ce qui est en question, de ne pas trahir la confiance intersubjective, de ne pas perdre de vue la nécessité d’être là concrètement, dans toutes sortes de nuances et d’initiatives, dans des « polyphonies existentielles » partagées.

Fabriquer des espaces, des mouvements, des gestes, des façons d’être ensemble, une sorte de commun qui ravive l’ordinaire (La moindre des choses, Le moindre geste).

Mais ne pas perdre de vue, en fabriquant, ce qui est en question dans ce que nous faisons, pour chercher une liberté et un sens qui ne se heurtent pas au monde, mais qui inventent une logique qui n’appartient pas aux seules rationalisations techniques, financières et ségrégatives.

Et pour reprendre H. CHAIGNEAU à qui nous souhaitons dédier ces rencontres :

« Notre réalité, notre vie quotidienne ne sont pas transparentes. Et c’est dans l’opacité que gît la sousjacence. Ce qui est plus ou moins transparent, c’est-à-dire publiquement visible, c’est que nous sommes des propriétaires terrorisés à l’idée de voir notre pouvoir saccagé par le Pouvoir. Propriétaires nous le sommes tous, et pour travailler, nous avons à nous exproprier. Exproprier c’est légal.

Mais, nous avons, nous, à nous exproprier d’une autre façon, d’une expropriation intérieure, interne, ouvrant la place à l’interlocuteur »

atelier 1: Réinventer le commun

atelier 2: Ce qui suffit …

atelier 3: Éviter le pire

atelier 4: L’inquiétante étrangeté

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